article 21

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Et comme dans un mauvais film, ou un cauchemar, je me retrouve, le jour de mon anniversaire, face à un abruti qui ne veut rien savoir : « - Bon tu vas nous dire avec qui il est en affaire et où il est. » Il est fêlé celui là, de quoi il me parle ? :
« - Je ne comprends pas ce que vous attendez de moi, j'ignore de quoi vous l'accusez de toute façon... »
Il me traite de menteuse, prétend que je n'ignore rien de l'affaire et que je suis bien attrapée d'avoir voulu jouer avec le feu. Complètement larguée, la fille. Là j'ai la grande idée de sortir mon téléphone, et de lui montrer le message. Je sors ma carte d'identité pour lui prouver que c'est bien mon anniversaire aujourd'hui, et que tout ça n'est qu'une immense connerie de sa part, veuillez m'excuser monsieur l'agent mais bon. Manque de bol ma fille tu es apparemment tombée sur un type du genre acharné. Il n'en démord pas, allant jusqu'à prétendre que le message est chiffré, et qu'on s'est mis d'accord avant, Jérémy et moi, sur le code afin d'échanger nos infos en toute impunité:
« - Les couleurs du passé, ce ne serait pas plutôt un bon rail de coke hein ??!! » me dit le flic, tout fier de lui.
« - Ça veut dire que j'ai une gueule de Junkie ? » je prends mon air offusqué.
« - Non justement, et c'est là où c'est malin, votre combine, qui irait soupçonner un joli brin de fille comme toi de tremper dans ce genre d'histoire . » mais il est vraiment atteint lui !
«  - Vous avez fouillé toutes mes affaires, vous avez bien vu que je n'ai pas de drogue. Pourquoi me retenez-vous ici ?
J'attends tes aveux, voilà pourquoi ! Et pendant qu'on y est, tu vas aussi nous donner le nom des autres. » Et bien, on n'est pas sorti de l'auberge, vous avez des sandwiches ...

Au bout de quelques heures, en absence de preuves, il est bien forcé de me laisser repartir. Je suis soulagée de rentrer à la maison à temps pour la fête, mais je me demande bien comment je vais pouvoir leur raconter ce qui vient de m'arriver. Quand j'arrive dans ma rue, la familiarité des lieux me rassure et fait redescendre l'adrénaline de ce matin. Je passe les trois maisons mitoyennes jaune moutarde qui précèdent mon immeuble, et me gare à ma place habituelle, dans l'impasse juste à coté. L'un de mes voisins sort ses poubelles au même instant, je le salue de loin en m'engouffrant dans le hall d'entrée. Un bref regard à mon reflet en passant devant le grand miroir de l'allée, et je grimpe le seul étage qui me sépare de ma porte d'entrée à grandes enjambées.
J'ouvre la porte, et les voix familières qui me parviennent du salon me réchauffent le c½ur. J'entre dans la salle à manger et je survole l'assemblée du regard. Ce grand mec, d'où sort-il, je ne l'ai jamais vu ? En m'entendant arriver, il tourne la tête vers moi, et son visage, ses traits, son regard, me rappellent quelqu'un, mais qui ? Au même moment, ma mère, arrive toute happy vers moi : « - Haily, regarde donc qui est venu te souhaiter un joyeux anniversaire ! Elle me paraît bizarre, je lis de la joie dans son regard mais aussi une certaine inquiétude.
- Oui, qui donc ?
- Jérémy ! »

Ah bah il tombe à pic celui-la. Mais qu'est-ce qu'il est venu foutre ici?! Je comprend mieux l'air de ma mère en m'annonçant sa venue, elle l'appréciait beaucoup quand je sortais avec lui, d'ou le plaisir de le revoir, mais au vu de ce qu'il s'est passé ce matin, elle doit avoir du mal à comprendre ce qu'il se passe.Je m'avance, et c'est très bizarre, cette double vision. Je le vois tel qu'il est aujourd'hui, mais mon cerveau de son côté essaie de superposer cette image sur celle du garçon qu'il était à l'époque. Il a rudement changé. Le gamin de 15 ans est devenu un mec grand, avec des trait beaucoup plus achevés, durs, mais toujours le même regard bleu profond, et un corps qui m'a l'air plutôt bien sculpté. Il m'embrasse. J'en profite pour lui souffler à l'oreille : « - Il va falloir que nous ayons une petite conversation, tous les deux. » je me recule et lui lance mon regard assassin (marque déposée). Il prend son air du je-sais-très-bien-de-quoi-tu-parles-mais-je-fais-semblant-de-ne-pas-comprendre (SA spécialité) À ce moment là, Damien nous rejoint avec Noanne. Il a l'air furieux. Pour une fois que je n'ai rien à me reprocher. Mais bon, il faut se mettre à sa place : à quelque jour du départ, il voit se pointer ce beau mec, tout droit sorti du passé, avec des ondes pas nettes flottant autour de lui, c'est normal qu'il s'inquiète.


Et à la limite, je ne suis pas vraiment plus rassurée ...



# Posté le mardi 23 septembre 2008 05:44

Modifié le mercredi 30 septembre 2009 08:01

article 22

article 22


Jérémy me fait comprendre qu'il a l'intention de s'en aller. Je le raccompagne jusqu'à la porte :
«  - merci pour ce grand retour en fanfare, mais sans la petite virée au poste, j'aurais peut-être mieux apprécié ta visite! »
«  - Excuse-moi, je n'ai jamais voulu t'impliquer dans cette histoire ... je voulais te revoir avant que ça ne s'envenime.
- Quoi, qu'est-ce qui va s'envenimer ?
- On n'est pas bien pour parler ici, rejoins-moi jeudi prochain à cette adresse, mémorise-la bien, et brûle le papier. Il ne veut pas que je le mange, son papier, pendant qu'on y est ?
- Jeudi mais c'est le jour où Damien part pour les Etats unis !
- Viens, Haily, s'il te plait, si ça se trouve c'est la dernière fois que ... » il s'arrête net dans sa phrase, soupire, puis me regarde droit dans les yeux :
«  - viens, s'il te plait, au nom de ce qu'on a vécu.
- Ok si tu me prends par les sentiments, mais il va falloir m'expliquer ce qui se passe.
- je te dirai tout, promis. »
Il me quitte, comme un voleur. Je le regarde s'éloigner, Ça me ramène 4 ans en arrière, quand il était monté de Bordeaux, avec pour ambition de vivre avec moi. Mais, je venais tout juste de rencontrer Nico à cette époque (j'aurai mieux fait de me casser une jambe ce jour-là) et je lui avais dit que c'était terminé. Il était reparti en empruntant le même chemin qu'aujourd'hui.

Le jeudi fatidique a fini par arriver. Tout à l'heure un avion s'est envolé.
Avec mon Jules à l'intérieur.
Je vous passe les détails de la séparation, on sait toutes très bien à quoi ça ressemble (rien que d'écrire ces lignes, j'en chouine encore).
Mes larmes sont à peine séchées que déjà je cours à mon rendez-vous avec Jérémy. (Haily Jane, ne te reposes-tu jamais?)
Il m'attend en bas de l'immeuble. Je me gare un peu plus loin afin de venir à lui en marchant, j'ai toujours fait comme ça, me laisser le temps de venir. Il a un large sourire en me voyant arriver :
« - Content que tu sois là, Haily ...
Tu m'attends depuis longtemps ?
Peu importe, viens ...
Il me prend par le bras, et nous entrons dans le hall de l'immeuble, plutôt classe je dois dire. Nous prenons place dans l'ascenseur. J'avoue que c'est un peu bizarre, de se retrouver-là, si proche l'un de l'autre. Quelle tête je ferais si lui prenait l'envie de m'embrasser ? En vérité, j'en sais rien.
Dernier étage. La porte de l'ascenseur ouvre directement sur un appartement qui m'impressionne par ses dimensions.
« - C'est ici que tu vis ? » Je lui demande sans pouvoir dissimuler mon admiration. J'avoue, j'aime bien ce qui brille, même si je me contente de peu.
« - Oui, Avec Danny » Je ne suis pas autrement surprise d'entendre ce nom qui lui aussi remonte du passé:
« - Danny ? Génial, vous continuez donc à vous voir, après tout ce temps?
L'appart est à son nom, tout ce qui s'y trouve aussi, comme ça au moins ... vas-y entre. »
Il me fait entrer dans un salon tout ce qu'il y a de magnifique, écran plasma, large canapé et vue splendide à travers les immenses baies qui ouvrent sur la ville.
« - eh bien, on ne s'en fait pas! »
Il sait que je me laisse facilement impressionner par le luxe tape à l'½il.
« - Tu me fais visiter ? » Je lui demande avec une sorte de douceur inhabituelle dans la voix. Il me fait alors découvrir ce que l'on peut largement appeler l'appart de mes rêves. Des pièces grandes, lumineuses, spacieuses. Décorées avec quantité d'objets de créateurs. Tout à l'air rare, cher et beau. Il m'en met plein la vue. Il me guide à travers les pièces en saisissant mes doigts par moment, frolant mes épaules à d'autres. Le sentir près de moi me saisit toujours autant le coeur.

Nous revenons au salon. Il me propose un verre après m'avoir invité à m'assoir. Le canapé est si profond qu'il faut de temps en temps que je remonte à la surface pour reprendre ma respiration.
D'ailleurs, quand Danny fait son entrée, je suis si bien engloutie dans cette mer de cuir, qu'il ne me remarque même pas.
« - Ce boulot de merde, il commence à me prendre la tête !! » dit-il en claquant la porte derrière lui. Jerem n'a pas le temps de l'avertir que je suis là, il enchaine :
« - Tu peux me filer un sachet, j'en ai plus, et une bonne ligne me ferait du bien. »
Là, j'ai plutôt un mauvais ressenti, si vous voyez ce que je veux dire, j'interroge Jérémy du regard. Il lance à Danny:`
« - un peu de tenue, mon cher, en présence de notre invitée. »
Danny tourne la tête dans ma direction, fronçant le nez et les sourcils l'air de celui qui réfléchit :
« - on se connait non ? Ton visage me dit quelque chose.
- Le contraire m'étonnerait. » dis-je.
« - Haily ?! » hasarde-t-il.
« - Bonne pioche. » Ça fait vraiment plaisir de le revoir.
On reste à discuter cinq minutes, puis il va s'isoler dans sa chambre.
Aussitôt, je me tourne vers Jeremy :
« - maintenant, tu vas m'expliquer ?! 
Je me demande si ça vaut la peine...
Oh que si ça en vaut la peine, j'aimerais bien savoir pourquoi je me suis retrouvée chez les flics l'autre jour !C'est quoi ce délire, il te demande une ligne ?! Tu fourgue de la coke, c'est ça ton job ?
D'une certaine manière ...
- Apparemment ça ne doit pas être une petite affaire pour que la police filtre tes appels!
- Viens... »  Il m'entraîne dans sa chambre. Il ouvre l'armoire, dans laquelle se trouve dissimulé sous les fringues ce qui m'a tout l'air d'être un coffre-fort scellé dans le mur. Il sort une clé de sa poche, et ouvre la porte du coffre. Ce que je vois me laisse bouche bée.
Il y a sur deux étagères une quantité considérable de sacs de poudre. Et puis, sur une autre étagère, sont posées des boites noires. Il en sort une et l'ouvre devant moi. À l'intérieur, des liasses de billets, de quoi rendre fou n'importe quel individu normalement constitué, alors, moi vous pensez bien ! Il y en a au moins pour 10 000 euros, en petite coupures, s'il vous plaît. J'effleure les billets du bout des doigts, histoire de pouvoir dire que je n'ai jamais touché autant d'argent.
Je le regarde, ainsi le petit garçon que j'ai connu est devenu un gangster.

« - Les flics vont te mettre la main dessus, tôt ou tard, il faut que tu t'en ailles ?!
Les flics à la limite, ce ne sont pas les plus dangereux tu sais.
Mais pourquoi ?! Celui que j'ai connu était un type bien ?! »
Il m'explique. Ce fameux week-end où il était revenu pour moi. Il avait vraiment fait comme il avait dit : il avait vraiment tout quitté, tout laissé derrière lui. Il avait pris ce risque par amour. Si j'avais su le sacrifice qu'il avait consenti pour moi, je ne l'aurais pas repoussé. Les choses auraient été différentes, et l'Haily jane que vous connaissez aurait cédé la place à une autre. Il pensait rester avec moi ce soir-là, mais comme je l'avais envoyé sur les roses, il avait dû trouver un plan B pour dormir, et vu qu'il ne connaissait plus personne ici, il s'est tourné vers les anciens amis de son père.
Son père avait appartenu à la pègre locale : il gérait les réseaux de drogues, les prostituées, et tout le reste ... mais voyant les choses mal tourner pour lui, il s'était suicidé. C'était à l'époque où Jeremy et moi commencions à flirter, nous avions à peine treize ans.
Alors quand ils ont vu " le gosse " revenir à eux, il lui ont rendu le " grand service " de le reprendre dans la famille et il a repris le flambeau que son père avait laissé tomber.
« - Ne me dis pas que tu gères des filles ?! » Là, je suis très en colère. Il baisse la tête, penaud :
«  - J'ai un bar à champagne, du côté des Jacobins **. »
Quelqu'un frappe à la porte d'entrée.
Jérémy avance dans le couloir en me faisant signe de ne pas faire de bruit. Il regarde dans l'½illeton de la porte, et me dit de rester en arrière.

On frappe à nouveau.
« - J, ouvre moi, c'est Tony ! » l'homme a l'accent italien.
J'articule sans émettre de son « - QUI C'EST » en direction de Jerem, mais il entrebâille la porte avant de me répondre.
«  - eh, Jérémy, Mon fils, J'ai besoin de toi... »
Le mec est bizarre, Type méditerranéen, très brun à la peau mat, les trait vraiment tirés, une sale gueule,il y a une espèce de flottement dans l'air, bref tout ça ne me dit rien qui vaille.
Jérémy ouvre grand la porte et le laisse entrer. L'homme tremble, il doit être en manque et me regarde d'un air malsain, voir pervers.
« - Mais, tu es belle toi ... tu ... » il approche sa main de moi, je me dégage aussi sec.
« - Pas touche le vieux, Désolée mais c'est trop cher pour toi. »
Jérémy me fait signe de calmer le jeu, il m'emmène un peu plus loin :
« - Écoute, c'était l'un des plus proches associés de mon père, il m'a aidé à monter dans le réseau, et c'est devenu l'un de mes plus gros clients depuis qu'il s'est mis à sniffer après que sa femme se soit fait descendre.
Ce n'est pas une raison pour que j'accepte d'être tripotée par ce pervers.
- Calme toi, s'il te plait, faut pas que ça s'engraine, tu sais ces mecs là ne réfléchissent pas avant d'agir. »
Nous retournons au salon, où nous retrouvons le fameux Tony.
Il a l'air encore plus bizarre qu'au début.
« - Ecoute J, je traverse une mauvaise passe, il va falloir qu'on s'arrange différemment cette fois ci. » Il écarte sa veste, laissant apparaître une arme.
« Haily Jane, dans quel guêpiez t'es-tu fourrée. »
Saisissant son arme, il ajoute : " - Et, il va m'en falloir une plus grande quantité que d'habitude... allez, on va tranquillement s'installer au salon tous les trois. »


Croix de bois, croix de fer, si je meurs aujourd'hui, je vais en enfer.




* Agglomération près de Lyon
** Place Lyonnaise




# Posté le mercredi 08 octobre 2008 08:00

Modifié le mercredi 30 septembre 2009 08:06

article 23

article 23


J'ai ce mec en sueur, tremblant comme s'il avait 42° de fièvre en face de moi. Il a ma vie entre les mains, ce con. Il suffit qu'il s'excite un peu, et adieu tout le monde. Qui a eut l'idée d'inventer un truc pareil : les armes ?
Jérémy glisse la main vers sa ceinture. Il en retire un couteau qu'il pointe en direction de Tony. L'homme le prend sur le ton de la plaisanterie :
« - Tu crois que ta petite lame fait le poids face à ma gâchette minot ? » il est vrai que je suis plutôt d'accord avec lui, même si je me doute que "J" manie la lame mieux que personne. Déjà à l'époque, il pouvait jongler avec n'importe quel objet, y compris des couteaux, il a toujours été très habile de ses mains .
« - Sa lame non, mais mon gun oui. »
Danny apparaît derrière l'Italien, revolver au poing. Mon héros ...
« - C'est bien simple, tu jettes ton arme par terre, ou je te troue dans les cinq secondes. »
Ok, message pour mon c½ur: «  calme-toi, une pulsation de plus par minutes, et je suis morte. »
De toute façon, je vais y passer, alors bon ...
« - 1 .... 2 .... »
Tony ne bouge pas, il reste là, le canon pointé sur nous.
«  - 3 .... 4 .... »
On va tous mourir ...
« - 5 .... »
Personne ne bouge, Tony est toujours là, arme à la main.

PAN, un coup part. PAN, suivi d'un autre. Et tout le monde s'effondre. Vérification faite, Danny et moi sommes toujours debout. Jérémy est adossé contre le mur, assis par terre, les vêtements couverts de sang. Il se tient l'épaule. Daniel vérifie si Tony a bien eu son compte. En même temps, il s'est pris une balle en pleine tronche, ça m'étonnerait qu'il ait envie de remettre ça. C'est un peu gore à voir d'ailleurs.
«  - Merde, mon pote, je ne pensais pas qu'il aurait le temps de tirer!!!! »
« - Je t'emmène à l'hôpital, Jérémy » je lui dis, complètement dépassée par les évènements.
« - Non pas l'hosto, si on y va, c'est la taule assurée. » Il me répond, en bougeant à peine les lèvres.
« - Mais si on n'y va pas, tu vas mourir, espèce d'idiot ! Qu'est ce que tu préfères ?! »
Danny me tends un portefeuille.
« - Tiens, prends ça, c'est mon portefeuille, il pourra t'être utile, ne t'inquiète pas, je sais que tu vas assurer ! » J'ai les mains qui tremblent mais j'arrive malgré à mettre le portefeuille dans ma poche. Danny charge Jeremy
sur son dos, et nous voilà partis jusqu'à ma voiture garée juste derrière l'immeuble.

Je fais bien attention à ne pas marcher sur Tony au passage.
Danny installe Jeremy sur le siège passager. Jeremy est conscient, mais tout juste, il va falloir se magner. Danny me retient une minute avant que je ne monte dans la voiture :
« - Reviens-là ce soir.
C'est que je n'ai pas très envie de revenir, tu sais ...
J'aurai besoin de toi pour dégager Le rital de mon salon. T'es la seule à être au courant et je n'ai aucune envie que ça s'ébruite. Donc on fait ça ce soir et on en parle plus.
Je vois que je n'ai guère le choix.
Tu vois quand tu veux ! A tout à l'heure ma belle ... »
Il me passe la main dans le bas des reins. Ça devait être en option.
Dans la voiture. Jérémy arrive encore me parler. Tant mieux, je décide de discuter tout le long du trajet.
On se met d'accord sur une version de l'histoire.

« - Haily si tu savais comme je regrette ... T'étais tout pour moi, à l'époque, aujourd'hui encore tu es tout pour moi.
- Jeremy, s'il te plait.
- Je n'ai jamais aimé que toi, et je te le dis le jour de ma mort.
- Tu ne vas pas mourir, imbécile. Alors évitez de dire des choses qui t'embarrasseront par la suite, monsieur le dur.
- Le dur que je suis devenu ne t'avouerait jamais tout ça. Laisse remonter un peu à la surface le garçon que tu aimais, juste pour une minute. Celui d'aujourd'hui, tu n'aimerais pas le croiser le soir dans la rue.
- Tu ne me fais pas peur, tu ne me feras jamais peur. Encore moins maintenant, alors que tu ressembles à un animal blessé » Il sourit.
Nous arrivons aux urgences. Je descends de la voiture, et vais ouvrir sa portière. Il me prend le bras au passage.
Il souffre:
« - Tu as plus mal que tout à l'heure ?!
Je ne sais pas, je ne sens plus la douleur, elle est trop présente. »
Je m'incline pour détacher sa ceinture. Au moment où je me redresse, il s'effondre sur moi. J'essaye de garder l'équilibre et tâche de lui relever la tête.. Je m'aperçois qu'il vient de perdre connaissance, il faut que je me magne.

Je m'engouffre dans le bâtiment qui abrite les urgences. Je cours comme une folle, grille la file des gens qui attendent sagement à l'accueil, et dans une excitation sans nom, je hurle aux infirmières placées derrière le guichet qu'il y a sur le parking quelqu'un qui va mourir des suites d'une blessure par balle, si elles ne se dépêchent pas à faire leur foutu boulot.
L'une d'elles se décide à appuyer sur un bouton rouge, et à peine deux minutes plus tard, deux hommes en blanc munis d'un brancard se ruent à l'extérieur.
Je cours derrière eux.
« - que s'est-il passé, au juste, Mademoiselle ? » M'interroge l'un des infirmiers en me regardant avec insistance.
«  - Il a été atteint par une balle perdue quand on se promenait tout à l'heure.
- Comment s'appelle-t-il ?
Il s'appelle ... Il s'appelle Daniel, il a 21 ans. »
« - Il va falloir que vous répondiez à certaines questions. Tous les cas de blessés par balle doivent faire l'objet d'une déclaration à la police. Une infirmière va vous aider à remplir un formulaire, venez.
- D'accord. »
Il m'indique un bureau où m'attend ladite infirmière; Elle est jolie comme un c½ur et encore toute jeunette. Pendant ce temps, un brancard emporte Jeremy au bloc.
« - Bonjour mademoiselle ! » me dit la jeune femme en souriant. Ma pauvre, ça ne va pas être difficile de te faire gober mon histoire.
« - bonjour ! » Lui dis-je en m'asseyant.
Elle m'explique que l'on va devoir remplir un dossier important, qui nous servira à retrouver le propriétaire de l'arme correspondant à la balle, pour porter plainte contre lui, etc. Personnellement je sais où il se trouve, et je pense qu'il sera difficile dans l'état où il est d'obtenir de lui le versement de dommages et intérêts.
Elle me demande le nom, le prénom, l'adresse etc. du blessé. Je lui présente les papiers de Daniel, et, bonne pioche, sa carte d'identité lui a été délivrée il y a six ans, date à laquelle il habitait encore sur les quais et non pas dans leur appartement d'aujourd'hui. Je fais avaler à l'adorable jeune fille qu'on faisait une promenade en amoureux pas loin de chez lui ( c'est à dire sur les quais), du côté de St Rambert *, à une portée de fusil de la cité ( non, quand même, j'ai pas dit ça) et que pan, il s'est effondré devant moi sans faire bruit. J'ajoutais, pour faire plus crédible, que je n'ai pas entendu le moindre coup de feu. Une fois toute cette paperasse terminée, avec la bonne conscience du travail accompli, je me rends dans la salle d'attente. Ça fait déjà une heure entière qu'il est dans ce bloc, j'ai besoin de prendre l'air. Je récupère le portable de Jeremy que les médecins m'ont confié afin que je puisse prévenir ses proches. Je prends le soin de ne pas appeler Daniel depuis le portable, car je sais qu'il est écoute. Je relève son numéro dans le répertoire et l'appelle depuis la cabine du hall :
« - C'est moi, Jeremy est au bloc depuis une heure, et j'ai rempli les papiers.
C'est bien, tu as fait bien attention ?!
Oui, et je me suis servi de ton ancienne adresse pour située le contexte. Mais qu'est-ce qui se passe si les flics débarquent et voient que tu n'y vis pas ?
Ma mère vit toujours là bas ...
Et alors, elle sait bien que tu n'habites plus avec elle depuis des années!
Ne T'inquiète pas pour ça, elle est atteinte de la maladie d'Alzheimer, elle ne se souvient jamais de rien. Elle a laissé ma chambre telle qu'elle l'était à l'époque, si je passe la voir tout à l'heure, elle ne se souviendra même plus que je suis parti depuis quatre ans.
Tu es horrible.
Ouais, mais ça sauve le cul de mon pote, et perso ça me va bien. Bon ma belle, je te dis à ce soir, 22 heures. »
Je raccroche, j'ai mal au c½ur, j'aimerais que tout cela soit derrière moi.
 
 
Mais il va falloir attendre un peu ma belle haily jane.


* Quartier près de Lyon

# Posté le lundi 13 octobre 2008 03:41

Modifié le jeudi 29 octobre 2009 17:08

article 24

article 24


Il attend au coin de cette rue sinistre, cigarette au bec, avec l'air détaché de celui qui n'aurait aucun souci dans la vie. A croire que c'est le cas ...
Je suis assise, j'attends dans ma voiture depuis dix minutes déjà, immobile. Dix minutes d'avance, pourtant j'ai fait le trajet au ralenti, mais j'ai tellement hâte que tout cela soit terminé que je n'ai pu rester une seconde de plus à la maison. Heureusement, ma cousine à bien voulut venir garder Noanne chez moi ce soir, elle à compris à mes yeux écarquillés et mon ton insistant que c'était important pour moi. Et elle n'a même pas plus chercher à comprendre, se doutant bien que si je ne lui explique pas tout, c'est qu'elle n'a pas à savoir ce qu'il se trame derrière mon attitude étrange.
Ce rencart a un arrière-gout malsain.
« - 22 heures pétantes .... félicitations ! » Me dit-il en souriant.
« - Comment peux-tu être aussi détendu dans un moment pareil ?! » Je lui réponds, l'air dégoûté.
Il prend ma nuque dans le creux de sa main et me tire vers lui d'un coup sec, approchant  sa bouche de mon oreille :
« - Ce fils de pute à failli tuer mon pote, comment veux-tu que je ne passe pas un bon moment le soir où je vais me débarrasser de sa carcasse ?!
Qu'est-ce que tu en a fais ?!
- il est dans le coffre
- Tu l'as ... découpé ?
- Ca va, tu nous crois dans un film d'horreur ?! Un peu plié ça passe tout seul. »
L'acide de mon ventre se déverse sur mes lèvres.
« - Allons-y, s'il te plait ...
S'il plaît à madame ! »




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# Posté le jeudi 30 octobre 2008 10:06

Modifié le jeudi 29 octobre 2009 17:02

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# Posté le mercredi 21 octobre 2009 08:17