Nous sommes sur le grand parking, juste à coté de la banque. Je ne suis pour l'instant pour elle qu'un simple passant, un type qui sort promener son chien. Un mec qu'elle ne connait pas. Cette fille est au volant de sa voiture et sort de sa place de parking en reculant devant moi. Théo, Mon pitbull un peu fou-fou, trottine sur le coté. Elle termine sa marche arrière, engage la première, lorsque Théo voyant un autre chien au loin se met à courir vers lui en se jetant devant sa bagnole. Je crie. La fille pile. Théo passe juste devant ses phares, et court vers son idéal canin. Elle lève la tête vers moi. J'articule « - EXCUSEZ- MOI » en levant les bras pour bien montrer à quel point je suis désolé. « - CE N'EST PAS GRAVE » dit-elle avec un grand sourire. Cette fille à un charme fou. Et elle repars, comme si de rien n'était. Et moi, pauvre con, au lieu de rester béat d'admiration, je ferais bien de courir après mon chien.
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Elle s'est garée plus loin, comme à son habitude. Elle aime bien faire à pied les cent derniers mètres qui nous séparent, « parce que c'est bon d'aller l'un vers l'autre ». Six ans déjà que l'on se connaît, et j'ai toujours le même plaisir à la retrouver.
Il se met à pleuvoir. Elle porte son jean noir moulant, celui qui a accompagné les bons comme les mauvais jours. Et un débardeur, noir aussi, qui laisse apparaître le nombril. Ça ne cache pas grand chose, ça montre suffisamment de peau pour donner envie d'y poser les lèvres. Enfin, moi je dis ça, je ne dis rien ... Il pleut un peu plus fort, et maintenant elle est près de moi. Elle me décroche un de ses sourires dont elle a la spécialité et me montre le ciel en haussant le sourcil : « - Tu as vu les éclairs ?! » On dirait une gosse qui verrait un orage pour la première fois. Elle adore. Et moi, j'adore quand elle adore. Alors je regarde les éclairs, en prenant mon air le plus niais. Soudain, la pluie redouble de violence. En à peine cinq secondes, nous voilà trempés de la tête aux pieds. Et elle, elle se marre. Je me sens comme un chien mouillé. Elle, la pluie la rend encore plus belle.
« - J'ai un petit cadeau pour toi! » je lui crie à travers le bruit que font ces tonnes de flotte qui s'écrasent par terre.
« -Génial !! » Me crie-t-elle à son tour en saisissant la cassette que je lui tends. Je sais que Zoe Jane est sa chanson préférée, alors je lui ai enregistré l'instrumental sur une bande son. Au fait, je m'appelle Fabrice, je suis guitariste. A croire que je lui ai ressuscité le père noël, elle sourit aux anges en contemplant l'objet qu'elle a dans la main.
« -J'ai trop hâte de l'écouter ! » L'eau dégouline le long de ses cheveux, les gouttes s'entre-chocs sur sa peau, et à cette seconde, j'envie son mec quand il l'accompagne sous la douche. Soudain, son visage se referme. « - Je dois rejoindre Sarah, je vais y aller à pied, parce que dans l'état ou je suis, je vais flinguer les sièges de ma voiture! »
je suis assez mince de ma personne, alors spontanément, je lui propose : « - Viens chez moi, je vais te prêter des fringues. »
Elle se glisse dans ma chambre qu'elle connait par coeur. Allez savoir pourquoi, elle va se coincer dans le recoin à droite pour enlever son haut, dos à moi.
« - Tu sais, quand tu enlèveras ton pantalon, tu seras bien obligée de te retourner, ou alors, je verrai tes fesses, et dans tous les cas, je suis gagnant! » Elle tourne la tête en riant:
« - T'es bete !! mais ce n'est pas faux ... De toute façon je n'arrive pas à enlever mon jean, il est trop trempé et collé à ma peau . »
Joignant ses gestes à la parole, elle se retourne et va s'asseoir sur mon lit, semblant oublier sa pudeur et me dévoilant son buste nu.
« - Tu peux tirer sur le bas de mon pantalon ? A deux on devrait s'en sortir ... »
Je m'exécute, il est vrai que le jean n'a pas l'air de vouloir se laisser faire.
Mais au bout de cinq bonnes minutes d'acharnement, je crie victoire, et mon corps se fige la voyant assise là, sur mes draps, en sous-vêtement.
Je me sens attiré vers elle comme un aimant. J'ai peur de craquer, j'ai peur d'oser, peut être ne voudra-t-elle plus jamais me voir si j'essaye...
Mais c'est plus fort que Moi, je m'allonge sur Elle, ses bras s'enroulent autour de ma nuque, et ce pour quoi je vis depuis six ans prends enfin forme sous mes doigts, entre mes bras, sous mon corps.
Je ne peux vous dire combien de temps s'est écouler entre cet instant et le moment où elle a de nouveau franchit la porte; Peut être un quart d'heure, peut être deux heures ... ce que je sais, c'est que c'est le sourire au lèvres que je l'ai regarder s'éloigner. Mais ce que je craignais s'est bel et bien réalisé : Elle ne m'a plus jamais rappelé.
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J'attends Haily depuis peut-être cinq minutes quand je vois sa voiture s'arrêter dans la cour. La pluie vient tout juste de s'arrêter. C'est vraiment histoire de nous casser les bonbons, ce temps pourri ! Des trombes d'eau pendant dix minutes, et puis, plus rien. Sauf que tout est trempé, évidemment. Je descends quatre à quatre les escaliers et me jette dehors avant que quiconque dans la maison n'ait le temps de me voir passer. Mon dieu, heureusement que je la connais par c½ur parce que je ne l'aurais même pas reconnu dans cet accoutrement.
« - Je sais que tu pètes souvent les câbles, mais là tu marques un point ...c'est quoi cette dégaine? » Un pantalon noir, troué aux genoux, avec des bretelles qui pendent de chaque coté. Et sur le dos, une lourde veste kaki, avec une espèce de symbole dans le dos, dont je serais incapable de vous donner la signification. Elle m'explique que c'est son pote Fabrice qui lui a prêté ces fringues ; À cause de la pluie. Et elle met sa capuche sur la tête, pour bien montrer qu'elle ne veut pas qu'on s'éternise sur le sujet. Cette fille, je crèverais pour elle. Je suis sa copine de c½ur. Si je devais avoir une expérience lesbienne, ce serait avec elle sans hésitation.
N'allez pas me faire dire ce que je n'ai pas dit. Disons alors que si un jour, j'ai un cadavre dans le placard, c'est elle que j'appellerais pour m'aider à le planquer.
Pour vous donner un exemple... On roule sur des routes de campagne, il fait noir, c'est vraiment la galère pour s'orienter. Je ne sais pas où on va, mais je sais pourquoi. Au bout d'une petite demi-heure, elle gare la voiture dans un renfoncement sur la droite de la route.
« - Faisons le reste à pied, Je n'ai pas envie qu'on remarque la voiture. » J'obéis, et descends de la voiture sans poser de question. Heureusement qu'il y a des lampadaires, parce que le silence me fait un peu flipper. Je n'aime pas trop la campagne moi, les sangliers furtifs et tout ça. Je la vois prendre deux ou trois trucs sous le siège, et puis elle ferme la voiture à clé.
Elle me fourre un marteau dans la main, et elle s'élance devant moi sur la route. Je coince le manche du marteau dans mon jean, et cache la tête sous un pan ma veste. Elle oblique sur un parking, à droite, comme prévu. Elle commence à serrer les poings. « - Elle va muter » Muter, c'est ma façon personnelle d'expliquer ce qui lui arrive quand elle pique une de ses crises. C'est chiant ce truc, parce qu'on ne sait jamais d'avance de quel côté de la balance ça va pencher. Soit elle se met à pleurer comme une Madeleine, soit elle s'enferme dans sa coquille, soit elle se déchaine et alors, tous aux abris, si vous voyez ce que je veux dire. Bon évidemment, là j'ai une petite idée de la manière dont les choses vont se passer. Mais j'ai l'impression que depuis cette histoire de drogue, son cas a empiré. « - C'est sa voiture ! » Me lance-t-elle en s'arrêtant devant une voiture. Ni une, ni deux, elle entreprend de crever les pneus du véhicule. Je prends mon marteau et brise comme convenu les rétros, en m'acharnant dessus jusqu'à ce qu'ils explosent et pendent comme de vieilles chaussettes le long de la portière. Entre temps, elle a détruit les phares, et je balance des coups de marteau dans les feux arrière.
Soudain, j'aperçois une silhouette dans l'ombre.
« - Mais c'est ma bagnole !! » Crie cette fille qui, en toute inconscience de ce qui va lui arriver, s'élance vers nous. Haily relève la tête, le visage toujours caché sous sa capuche, et je vois à son regard que sa haine s'est multipliée à la puissance dix en entendant sa voix. Elle murmure « - Eh bien ma jolie, tu tombes bien » J'ai à peine le temps de bredouiller quelque chose pour la calmer que déjà elle fonce droit sur sa victime. La fille s'arrête net en se demandant quelle est cette furie qui déboule dans sa direction. Je ne sais pas ce que j'aurais fait à sa place. Haily bondit, se rue sur elle en l'attrapant par les cheveux. Elle lui tire la tête vers le bas, et lui met un coup de genou dans le visage qui l'allonge au sol. La fille hurle. Ma copine est devenue hystérique. Elle s'assied à califourchon sur elle, et lui frappe le visage comme une dingue. J'entends la voix d'Haily Jane, ma s½ur de c½ur, bafouiller de rage :
« - Reste bien à ta place, Maxime est à moi, ne l'approche plus sinon je te tue.» Elle est folle de colère. Je voudrais la rappeler, lui dire qu'on s'en va, que c'est fini Haily, mais je ne peux pas prendre le risque d'hurler son nom. Encore moins d'aller la chercher, je tiens à ma peau. J'ai toujours mon marteau à la main. Et soudain, je me rends compte que j'ai la solution au problème dans la main. Je lève mon bras au dessus de ma tête, et de toutes mes forces, je le jette dans le pare-brise de la voiture (au point où elle en est ...). Comme prévu l'alarme se déclenche. Le bruit sort ma copine de son délire, et ni une, ni deux, elle se relève et se met à courir, m'attrapant par la main au passage. On atteint la voiture en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.
« - Est-ce que ça va ? » Je lui demande en abaissant doucement sa capuche. Ses arcades sourcilières sont griffées et sa lèvre saigne. Elle tremble, le contrecoup. Elle n'arrive même pas à me parler. Je vois ses yeux briller, je sais qu'elle va fondre en larmes. La lumière des gyrophares éclabousse la rue. Il faut qu'on bouge d'ici, Une voiture garée sur le bas coté c'est trop tentant pour les flics. Mais je vois bien qu'elle n'est pas en état de conduire. Aller merde, bouge de là, je prends les commandes. Je lui dis de glisser sur mon siège, et je prends sa place au volant. Je n'ai pas le permis, bien sûr. Mais avec les millions d'heures de conduite que j'ai dans les pattes, elle peut avoir confiance. Je pars tout tranquillement, comme une voiture qui n'a rien à se reprocher.
On croise les flics qui tracent leurs routes de leurs côtés. Le monde est bien fait, parfois. On roule en silence depuis un bon moment quand elle se décide à sortir de son mutisme.
« - Je crois que j'ai vraiment un problème ... Putain Sarah, j'aurais pu la tuer !!!!
- Je sais.
- Je n'arrive pas à me contrôler ça me rend dingue d'être comme ça !!
- Ne dis plus rien. Je t'aime.



