Article 6

Article 6


J'ai les yeux gonflés, la gorge nouée, le c½ur serré ... et encore tout un tas de trucs en « é ». Damien est parti, pour une durée plus ou moins indéterminée. On a discuté, tourné, retourné le problème, on en est arrivé à ça : On va évoluer un petit moment chacun de notre coté, et advienne que pourra. Avec un peu de chance il prendra conscience des choses, Avec un peu moins de chance, il faudra convenir on n'est pas du tout fait l'un pour l'autre.
On verra bien. Le temps fera son ½uvre de toute façon.
Du coup, j'ai retrouvé Maxime. Une relation tout ce qu'il y a de bon enfant, deux grands gamins qui s'aiment à coup de batailles d'eau et de fou rires. Il est génial, lui aussi ...
Et puis il m'apporte beaucoup, un équilibre, une sureté. Un aplomb aussi, quand il me balance en pleine figure qu'il faudrait que je grandisse un peu. Pas envie, d'abord ... et puis fait pas chiez.
Je vais m'exiler dans un pays ou la polyandrie est autorisée. Comme ça, je me marie avec les deux, Au pire ...
Je suis bien avec l'un, mais j'ai besoin de savoir si l'autre va bien, lui aussi. Je suis heureuse avec l'autre, mais je me demande si le premier aura encore envie de me voir demain.
Bref. Je poursuis l'exploration de mes cartons rempli de vieux CD. J'en retrouve un où il est écrit " compile pop-rock ". Les notes du premier morceau me transportent aussitôt dans le temps passé. D'un coup d'un seul, tout me revient ... L'endroit, la personne avec qui j'étais, le moment, les mots prononcés.
La chanson, c'est The King of Yesterday de Jude, l'endroit c'est une vieille baraque près du fleuve, où habitait Jérémy, mon premier amour de jeunesse. Il est là, près de moi, et je l'entends encore me dire, me fauchant en plein bonheur « - Je pars dans une semaine vivre à Bordeaux. »
Je suis un peu la Peyton Sawyer* de la vie réelle, « people always leave ».
Je comprends mieux pourquoi la date d'aujourd'hui ne m'était pas indifférente. C'est son anniversaire ... (à mon ex bien sur, pas à Peyton).
Alors, je me lance, je décide de lui envoyer un petit message, ma B.A du jour, pour lui souhaiter un bon anniversaire. Je me demande si le numéro que je suis en train de composer est toujours le bon, et la réponse me revient directement lorsque je tente de l'envoyer. « ECHEC »  je ressaye au cas où ce soit un problème de réseau. « ECHEC » à nouveau. Très bien, le destin, tu veux encore décider pour moi, je laisse tomber. Et puis tant pis pour lui, il n'avait qu'à ne pas aller vivre si loin.
Je me laisse tomber en arrière sur mon lit, me rendant compte par la même occasion qu'au plafond le ton du blanc n'est pas le même partout. Allongée de tout mon long sur ma couette, j'entends ma porte grincer légèrement, comprenant aussi tôt qu'une très jeune demoiselle va faire irruption incessamment sous peu.
Une petite main attrape mon mollet, une seconde saisit ma cuisse, puis s'entreprend tout un travail d'escalade de ma personne. Au bout de cinq bonnes minutes de tentatives en tout genre, une tignasse noire pénètre dans mon champ de vision. Enfin, grâce à un dernier effort, elle parvient à se hisser, et s'écroule sur mon torse, la tête dans mon cou. « – pas gentille maman »  me glisse-t-elle toute essoufflée. C'est vrai, j'aurai pu l'aider. Mais bon, elle y est arrivée par elle même, ça lui apprend un peu la vie.
Mère indigne ...
Nous sommes là, toute les deux échouées sur la banquise, lorsque mon portable se met à vibrer.
1 message reçu : Maxime
«Je t'emmène au restaurant ce soir. » 
Très bien ...
Repensant du coup, à ma soirée entre filles de l'autre jour, et à sa grande réussite, je me dis qu'un deuxième acte serait le bienvenue.
Je tape rapidement un message collectif :
«  soirée toutes ensemble au République **, mercredi soir, 19h30, réponds moi vite » 
Je parcours ensuite mon répertoire en cochant toute les copines que je trouve, même si elles appartiennent à des cercles différents. J'évite malgré tout, Anna, qui comme je l'ai dit précédemment n'habite pas la région, et Anne-Lise, plus proche, mais malgré tout trop loin pour faire le déplacement facilement.

Dans les 5 minutes qui suivent, Julie, Marina, Sarah, Lou et Sophie, ont déjà répondu présentes.
Marie et Audrey, ont décliné. Ne me manque que deux réponses, mais l'équipe de choc déjà constituée me promet un mercredi soir des plus sympathiques ....


Demain est un autre jour.




* Peyton Sawyer est l'un des Personnages principaux de la série "One tree hill".
** Brasserie Lyonnaise.


# Posté le vendredi 16 mai 2008 06:37

Modifié le mercredi 30 septembre 2009 06:12

Article 7

Article 7


Après une bonne heure de route nous sommes plantés, tous les quatre, devant cet imposant multiplex. Sarah, Julie, Victor, tout à la fois parrain de ma fille et l'un de mes meilleurs amis, ainsi que moi-même.
« - Il a l'air immense, ce truc. » Lâche Julie tandis que nous faisons la queue devant l'entrée. Je suis en train de regarder le balai des lasers dans la nuit lorsque le videur prend mon bras et me pousse à l'intérieur:
« - allez-y. »

Nous parcourons un large couloir où nous avons à subir l'examen des détecteurs de métaux. Une fois la caisse passée, Sarah saisit ma main, et nous avançons droit devant, entrant résolument dans un monde fait de fumée et de lumière. Nous nous retrouvons dans une espèce de hall central d'où partent six couloirs, chacun menant à une salle particulière. D'un même mouvement, nous nous dirigeons vers celui dont l'écriteau indique club chaleur. Nous arrivons dans une salle où le ragga règne sans partage. Des filles, dont la plus vieille doit au maximum avoir 18 ans, se déhanchent, le ventre à l'air, regardant autour d'elles d'un air hautain, en se figurant probablement qu'elles dansent comme des déesses. Heureusement pour elles que le ridicule ne tue pas. L'ambiance n'y est pas, nous décidons de changer de crèmerie.
Retour dans le hall central, et nous allons tenter notre chance au club rétro. Là, des gens de tous âges dansent sur un rock endiablé. Julie ne peut résister à l'envie de se mêler aux danseurs. Elle est vraiment Belle ce soir, dans son pantalon noir, son dos-nu couleur or et perchée sur ses hauts talons.
Elle me saisit le bras et m'entraine au milieu de la piste. Autour, les danseurs s'écartent pour nous laisser un peu de place. Deux rocks et un cha-cha-cha plus tard, nous nous engouffrons à nouveau dans le couloir.
La boîte s'est remplie entre temps, et ce n'est pas sans mal que nous atteignons le club techno. Une salle obscure, un laser vert très puissant et la musique plus forte que nécessaire. Au milieu, quelques Teuffeurs se laissent aller à quelque pas de Jump-style. Rien de bien palpitant.

C'est alors que nous nous dirigeons vers le club branché. la salle est Archi bourrée, la musique est plutôt bonne. On jette l'ancre ici. Trois potes de Julie nous ont rejoins, et nous voilà partis sur le Dancefloor. Il est déjà 4 heures du mat', et je n'ai pas cesser de danser une minute depuis notre arrivée, quand soudain, allez savoir pourquoi, la fatigue, le besoin d'amour ?- je repense à Maxime. J'ai le c½ur qui se serre. Il me manque, on s'est un peu engueulés tout à l'heure. Je lui envoie un message, auquel il répond un peu sèchement. Je suis surprise de sa réponse si rapide vu l'heure tardive; Il a du sortir aussi.
Je suis soudain prise de panique à l'idée de le perdre. Pourtant, rien d'alarmant, c'était vraiment une petite dispute de rien du tout, mais je sens mon ventre qui se noue rien qu'en y repensant. Peut-être l'effet de la fête. Je m'accroupis, adossée à un mur, j'essaie de ne plus réfléchir, et me disant que je suis ridicule d'accorder autant d' importance à cette dispute. Mais rien n'y fait, sitôt que ma vigilance se relâche, mon esprit s'égare et ne peut s'empêcher de revivre en boucle ces instants .
Le barman me guette du coin de l'½il depuis un moment, je décide d'aller faire un tour au bar. Je m'assoie sur l'un des tabourets placés devant le comptoir, attendant la phrase toute faite qu'il ne saurait tarder de m'adresser.
« - Alors jolie demoiselle, on s'amuse bien ?
Bonne pioche ...
- On va dire ça comme ça.
Il me fixe, en pensant peut-être que cette façon de me regarder me fait de l'effet. Je soutiens son regard en prenant mon air le plus détaché, genre vexant pour lui.
Tu veux boire quelque chose ? c'est la maison qui régale ...
J'accepte tout ce qui peut m'empêcher de penser.
Tu conduis ?
Non, pas ce soir. »

A ce moment là, un sourire malicieux se dessine sur ses lèvres. Il saisit plusieurs bouteilles et se lance dans la préparation de mon cocktail. Puis il pose devant moi un grand verre rempli d'un liquide bleu et rouge mais où les deux couleurs ont la particularité de ne pas se mélanger. Je goûte du bout des lèvres. C'est très fruité, mais par derrière, je sens l'âpreté d'un alcool carabiné. Cependant, on le devine à peine, c'est le genre de verre piégé, que l'on boit d'une traite et qui nous revient en pleine figure peu de temps après. Je l'avale assez rapidement, tout en sachant que je serais ivre bientôt. Une sorte de mini suicide.
Sarah me rejoint, me sourit en m'entrainant avec elle vers le podium. Pour moi, le temps s'accélère, tout d'un coup. Je danse avec elle, vite, fort, la musique me porte.


Je regarde la foule au-dessous de moi, et, en chacun, je retrouve un peu de ses yeux, de sa bouche, j'espère reconnaître son visage...
Sarah me fait tourner. vite, plus vite ... J'ai la tête qui va exploser. Mon c½ur se serre à nouveau quand je crois voir Maxime danser devant moi. Mais un clin d'½il après, il a disparu. J'hallucine ? Je ne sais plus si mes jambes me supportent. Mais je sens ma copine près de moi, je sais que je suis debout.
Le barman s'approche de moi ; il attrape ma nuque et me murmure à l'oreille.
« - Il n'y avait pas que de l'alcool dans ton cocktail ma belle. »
J'ai les yeux qui se voilent. Mon esprit est déjà reparti vers l'homme qui m'obsède, je ferme les yeux pour mieux sentir ses mains sur moi ... Je ne sais plus qui me touche, si c'est Sarah, où si c'est seulement dans ma tête. Y a-t-il encore quelqu'un à mes côtés ? Je ne sais plus ... je ne vois plus rien. Je t'aime tu sais, toi. Sa respiration .... Sa peau ... cette lumière qui m'éblouit, et tout ce monde ... Le temps n'existe plus, je n'ai plus aucun repère, hier, aujourd'hui tout se confond, tout est égal. Le plancher de la piste se dérobe sous mes pieds. Soudain, les boum-boum des haut-parleurs s'éloignent, comme perdus dans la brume.


Loin, très loin ...

# Posté le dimanche 18 mai 2008 14:37

Modifié le vendredi 02 octobre 2009 18:49

article 8

article 8


Une lumière blanche et froide m'éblouit. Je plisse les yeux, je cherche à savoir où je suis. Cette intensité me blesse, mais je lutte, et j'essaie de tenir mes yeux entrouverts. J'ai mal partout, mais sans savoir où exactement. J'ai un peu peur aussi. A vrai dire, je n'arrive plus à faire vraiment la distinction entre mes sentiments, mes pensées, mes sensations ? cela forme un tout ...

Et puis soudain, un raz-de-marée, une vague géante qui arrive au loin. Cette flotte va s'abattre sur moi si je ne me bouge pas. Vu l'ampleur du rouleau et la masse d'eau qu'il a l'air de soulever, je vais me noyer en moins d'une minute. Je suis en train de voir ma mort me foncer dessus à la vitesse d'un cheval au galop. Bouge Haily, bouge, cours ! Mais rien ne se passe, et je reste là, immobile. L'énorme vague continue d'avancer, n'est plus qu'à cinq mètres de moi. Le visage de ma fille m'apparaît. Je prends le plus d'air possible dans mes poumons, et j'attends le choc. La vague s'écrase sur moi, je suis submergée par ce mur d'eau. Je suis prise dans un tourbillon de forces contraires, c'est une grande main liquide qui secoue mon corps en tous sens. Je ne sais plus où est la surface, si seulement elle existe. Mais j'ouvre les yeux, et de nouveau je vois la lumière blanche. Je sais que si je veux m'en sortir, il faut que je l'atteigne. Je nage, me bats pour remonter à la surface. Malgré ma fatigue, j'accélère de plus belle, il faut que je m'en sorte, pour ma fille. J'ai mal. Mais j'y suis presque, ma tête est bientôt hors de l'eau ... plus que quelques secondes ... allez ... mon visage sent la caresse de l'air, J'INSPIRE, j'existe ....

Mais l'air rentre comme du béton dans mes poumons, je tremble de tous mes membres. J'ouvre les yeux. Je découvre un tout autre décor, je suis allongée, dans une chambre, un hôpital probablement.
« - Haily ?! » C'est bien moi, mais c'est si loin ...
« - Haily est ce que ça va ... ? » La voix est trouble, mêlée au rythme assourdissant de la musique que j'entends à nouveau résonner dans ma tête. Puis ... son visage.
 « - Haily je t'en prie fais-moi un signe, dis que tu m'entends. »
C'est Damien. Il est là, tout près, je le sens mais seulement comme une présence. Je ne comprends pas tout ce qu'il me dit, mais le simple son de sa voix me rassure. Je sens que l'oxygène circule à nouveau dans mon corps, les choses ont l'air de se remettre en place. Puis je sens de nouveau la douleur, mes narines, dans lesquelles un tuyau a été installé, me font un mal de chien. J'ai l'impression que mon c½ur est pris dans un étau. Je voudrais comprendre, retrouver mes esprits. Les sensations me reviennent, Damien tient ma main, caresse ma joue. Son visage est toujours flou, sa voix encore brouillée, mais je le sens plus que jamais. Et ma reconnaissance pour lui ressemble à de l'amour.
J'ai la bouche pâteuse, ma salive ne parvient pas à m'hydrater les lèvres. Le voile sur mes yeux se dissipe peu à peu. Je tourne la tête à droite, je le regarde. Il sourit, l'air soulagé.
« - Haily Jane est-ce que tout va bien ?! Comment tu te sens ?! » À vrai dire je n'en sais rien, et je n'arrive pas à articuler. J'ai pourtant un milliard de questions qui se bousculent dans ma tête, et bien que je ne lui réponde pas, Damien continue de me parler, comme si je pouvais comprendre, comme si j'étais vivante.
« - Nous sommes à l'hôpital, les pompiers t'ont amenée ici, est-ce que tu te souviens ? » Pas du tout. Je ne sais même pas pourquoi je suis là.
Il poursuit : « - Il est 10 heures du matin, nous sommes dimanche, hier tu es sortie en boite, avec ta cousine, Victor et Sarah, que s'est-il passé là-bas ? » j'essaye de remettre de l'ordre dans ma tête, mais la seule chose que je revoie, c'est le raz-de-marée qui fonce droit sur moi. Un nom sort de ma bouche, une supplique :
«  - Noanne ... » C'était à peine audible, j'ai peur qu'il n'ait pas compris, je n'aurai pas la force de répéter. Mais comme s'il lisait dans mes pensées, il répond aussitôt:
« - La petite est avec tes parents. Ta mère ne voulait pas l'emmener ici, tu comprends. Je vais les appeler pour leur dire que tu vas bien. Je suis là, sur le fauteuil, à côté, j'en ai pour deux minutes. »

Ses doigts se dérobent aux miens. Il s'écarte de moi pour prendre son téléphone portable. Je l'entends composer un numéro. Avec sa voix en fond sonore, je tâche de me souvenir. Mais rien. Le vide total. Ça fait vraiment peur, je ne veux pas devenir amnésique, perdre tout ce que j'ai, mon passé. Puis ma vie refait surface, je me souviens, ma fille, lui, ma famille. Si je voulais, je me souviendrais de tout. Seule la soirée d'hier continue à m'échapper. Sa main saisit la mienne à nouveau.

«  – C'est bon, j'ai pu les avoir, Julie et les autres étaient avec eux, tout le monde est vraiment soulagé de te savoir sortie d'affaire. » Je m'amuse à mettre un nom sur le visage de chacune de mes copines. C'est ça renaître à la vie, non ?.
«  – Haily essaie de me parler s'il te plait. »  Je me concentre, je tâche de faire ce qu'il demande.
«  – j'ai peur. » Dis-je dans un seul souffle. Il colle tendrement son visage contre le mien.
«  – Ne t'inquiète pas, tout va bien, le plus dur est derrière toi ... Tu m'as fait une grosse frayeur, tu sais ? .... » Puis il se redresse et serre ma main un peu plus fort. Il inspire un bon coup, et poursuit.
«  – Les médecins sont venus me parler tout à l'heure, ils ont trouvé un taux d'alcool important dans tes analyses, mais aussi la présence d'extasie liquide ... »  son regard s'assombrit. Il détourne ses yeux, et me serre de nouveau les doigts, mais comme s'ils voulaient me les broyer.
«  – Qu'est-ce qui s'est passé là-bas bordel, Qui tu as vu ? C'est toi qui à voulu essayer, ou est-ce qu'on t'a obligé à le faire? Sarah m'a dit que tu es devenue tout d'un coup bizarre... »  il parle tellement vite que j'ai du mal à suivre. Le pire c'est que tout ce qu'il me raconte n'a aucun impact sur moi. Il me raconte ma vie comme si c'était celle de quelqu'un d'autre.
Julie et Sarah font irruption dans la chambre.
«  – Putain j'ai eu tellement peur !!! » Ma cousine se rue sur moi et me presse contre elle autant que sa force de moineau le lui permet. Sarah me fait un bisou, et me chuchote à l'oreille :
« – Ne me refais jamais ce coup là, Ok ? ». Elles se lancent ensuite dans le récit détaillé de la soirée, essayant de remettre chaque chose à sa place, et tâchant de relier les événements entre eux. Sarah affirme qu'elle est venue me chercher au bar. J'avais avec un verre devant moi, mais n'importe quel mec dans la boite aurait pu me l'offrir.
Damien se lève et se dirige vers la porte : «  – Un flic attend dans le couloir, il vont se servir du témoignage de Sarah, et puis ils pourront interroger le barman, il se souviendra peut être du client qui était avec toi à ce moment là. » 


Oui, sûrement ...





# Posté le samedi 24 mai 2008 13:57

Modifié le mercredi 28 octobre 2009 06:11

article 9

article 9


Il y deux jours que je suis rentrée de l'hôpital. Ma fille est toujours chez ma mère, elle préfère que je prenne du temps pour moi (ma mère bien sûr, pas ma fille).
Je me suis fait couler un bain, avec pastille effervescente et tout le tralala. J'ai mis tellement de trucs là-dedans qu'on ne voit plus le fond de la baignoire tellement l'eau est opaque. Je plonge. A peine une seconde sous l'eau que c'est déjà la panique, j'ai de nouveau la sensation de me noyer. Il faut que j'y arrive, je ne vais pas passer toute ma vie à avoir peur. Je me concentre, prends une bonne inspiration, et j'y retourne. Cette fois, je ne céderai pas, je resterai jusqu'à ce que l'air me manque. Je compte, déjà 15 secondes, ma limite est de 40, j'avais déjà compté une fois il y a longtemps. A 25 secondes, je craque, et je remonte. J'ouvre les yeux et à cet instant j'ai limite une attaque:
« - AAAAHH !!!!!  Mais t'es complètement malade ?! Tu m'as foutu une de ces trouilles !
Et toi donc ?! T'es pas un peu dingue de rester comme ça sous l'eau ? J'ai cru que tu étais morte ! Me hurle à son tour Damien, qui vient d'avoir la trouille de sa vie.
- Mais comment t'es entré?
- J'ai toujours ma clé je te signale.
- Et alors, on ne t'a pas appris à frapper avant d'entrer ?

- Ça va, depuis le temps, je sais ce qu'il y a sous la mousse ... » Il sourit fier de sa bonne blague, et poursuit :
« - Je suis passé à la gendarm ... »
Un bruit venant du couloir coupe net notre discussion. La porte de la salle de bain s'ouvre à nouveau, et voilà mon Maxime qui fait son apparition. Son regard va de l'un à l'autre, sans bien comprendre.
«  - La porte d'entrée était entrouverte, je suis venu voir si tu allais bien, mais apparemment il n'y a pas de problème ... » me lâche-t-il avec une pointe de jalousie dans sa voix.
Je ne sais plus trop comment gérer la situation, et toute nue, c'est encore plus difficile. Mettez-vous à ma place. Un ange passe, et soudain :
« – Qui c'est Lui ??? Me demandent-ils en ch½ur.
J'avais déjà parlé de Damien à Maxime, mais jusqu'à ce moment-là, Maxime ignorait tout de l'existence de Damien. Je choisis de botter en touche:
« – Damien, voici Maxime, Maxime je te présente Damien. Damien est venu me dire où en sont les recherches à la gendarmerie.
Eh bien moi je suis passé simplement parce que j'étais inquiet pour toi. » me répond Maxime en fixant Damien d'un air ironique.
Tout en saluant intérieurement l'élégance du procédé je ne voulus pas laisser paraître qu'il venait de marquer un point:
« – Alors, que t'as dit la police ?! » repris-je, en direction de Damien.
«  - Le barman se rappelle bien d'un mec, un brun, avec qui tu aurais fait causette au bar, mais rien d'assez précis pour établir un portrait robot. D'ailleurs, vu que tu n'as été ni blessée ni violée, aucun chef d'accusation ne pourrait être retenu contre ce type. »
Je suis interloquée: « - parce que droguer quelqu'un n'est pas sanctionné par la loi?
Il faut croire que non. »
Un peu frustrée, la fille. Un pauvre con a bien failli me tuer, et personne n'y peut rien ?? Je me décharge un peu les nerfs en les envoyant bouler tous les deux:
« – Dites-moi les garçons, est-ce que je peux finir mon bain tranquille, où dois-je m'attendre à voir tous les voisins du quartier débouler à leur tour ? »  Ils s'exécutent, et se retirent sans rien dire. Avant de refermer la porte derrière lui, Damien me lance d'un air goguenard:
« – Remarque, ça, c'est à toi de nous le dire ... »


Ok, C'était mérité.


# Posté le mardi 03 juin 2008 08:07

Modifié le jeudi 29 octobre 2009 17:04

article 10

article 10


Je m'appelle Marie, Je suis la blonde au cheveux ondulés. La gentille toujours obnubilée par ses cours à la fac, celle qui est toujours indécise sur tout, et trop fière pour s'excuser quand je m'engueule avec quelqu'un.
; Vous avez déjà entendu parler de moi, je suis une de ses amies, une s½ur de c½ur, mieux qu'une jumelle, en somme. Ne vous inquiétez pas, je ne prends pas les commandes de la narration, c'est seulement pour ce chapitre. J'avais envie de vous parler d'elle. Simplement. Vous dire à quel point je l'aime, tant elle est unique. Vous savez, c'est une fille spéciale, vous l'aurez remarqué depuis ces quelques pages. Un peu bizarre, souvent.
Là, par exemple, je la vois de derrière mon rideau. On sort toutes les deux ce soir, je lui ai dit de venir me chercher à 21h15, il est 21 heures. Elle est dehors, dans sa voiture, juste devant chez moi. Et pourquoi elle ne sort pas ? Parce qu'elle a bien compris que j'ai terminé mes Exams aujourd'hui, et que si je ne lui ai pas demandé de venir me chercher plus tôt, c'était pour me reposer un peu. Elle ne parle pas, mais elle sait. Alors elle est là, elle attend... Remarquez, je suis certaine qu'elle y trouve son compte, elle doit aussi profiter de son petit moment à elle, sûrement avec Zoé Jane* à fond dans les oreilles. C'est, entre autres, pour des choses comme ça que je l'aime.

Nous sommes assises à une table de notre bar préféré. Cela faisait un bail qu'on ne s'était pas retrouvées toutes les deux. Trop longtemps, en vérité.
Elle a une vie bien remplie, moi je navigue entre Lyon et le Midi, où vit Arnaud, mon homme. Ça me permet de voir Anna, par la même occasion. Et quand je suis ici, je n'ai le temps de rien, à cause des révisions, de la fac ... Bref. On parle de tout, de rien, on tâche de rattraper les quelques semaines écoulées.... Avec l'impression que rien n'existe autour de nous.
Jusqu'au moment où  cette fille se retourne vers nous :
« - Excusez moi, je vous ai entendu prononcer le nom d'Haily Jane en passant près de vous, c'est vous qui tenez le blog ? »
Je vois les yeux  d'Haily s'écarquiller au fur et à mesure que l'information lui monte au cerveau.
« - Euh, oui ... c'est moi. » lui répond-elle à peine remise de sa surprise.
« - Rolala j'adoooore ce que vous faites, je me connecte tous les jours, et dès qu'il y a un nouvel article, je le dévore d'une traite. »
Elle est flattée, mais pas très rassurée malgré tout.
« - Merci beaucoup ... C'est très gentil... » lui répond-elle avec le sourire pour ne pas frustrer la « fan », qui s'en va rejoindre sa table.
Ma copine me regarde, et me confie avec un rire nerveux :
« - La, je t'avoue que je suis sur le cul. » Et moi donc ... J'ai bien cru que cette nénette allait lui demander un autographe. 
On poursuit nos papotages. Elle me raconte les suites de l'histoire, les flics impuissants ; qu'elle aimerait bien savoir qui est ce mec, seulement pour lui demander « - pourquoi, pourquoi il a fait ça ? » Mais elle m'avoue qu'au fond elle n'en a rien à foutre. Parce que il y a cette autre fille là, une collègue de boulot de Maxime, qui lui tournerait autour.
Elle l'énerve à marcher sur ses plates-bandes. Et moi, je n'aimerais pas être à sa place, à cette inconsciente. Vous savez, je l'ai toujours dit, je suis heureuse d'être son amie, parce qu'être son ennemie, c'est la pire chose qui puisse vous arriver. Quand elle prend un coup de sang, je n'aime pas trop traîner dans le coin. Elle me fait un peu peur parfois, j'avoue.
Et cette fille là, cette inconsciente comme nous disions, elle tourne autour de lui. Et ça, c'est fatidique, elle est foutue, La pauvre. Moi quand une fille s'attaque à Arnaud, je pète un câble dans mon coin ... et je m'acharne sur lui aussi, parce qu'après tout, c'est lui le responsable. Si, si, j'ai dit.
Alors qu'Haily, si elle peut la tuer, et bien elle meurt. Tout simplement.


Alala, Ma copine Chérie ...



* Zoe Jane est une chanson du groupe Staind

# Posté le lundi 09 juin 2008 05:12

Modifié le mercredi 30 septembre 2009 07:34