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Article 5

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Le train d'Anna va bientôt entrer en gare ... Mais avec trois quarts d'heure de retard.
Alors, je médite.
J'ai encore quinze minutes devant moi. Un TGV ralentit sur la voie d'en face, puis s'arrête. Quelques personnes se hâtent de descendre pendant l'arrêt. J'ignore où il va, ce train. Je vois des visages, derrière les vitres, des inconnus que je ne reverrai probablement jamais. La vie est bizarre. Les gens sont si nombreux et il existe tant d'endroits où faire sa vie, par quel miracle l'homme de notre vie serait-il ici plutôt qu'ailleurs? Pourquoi notre moitié ne serait-elle pas à Lille alors que l'on vit à Lyon ? Et comment la rencontrer, si c'est le cas ? ... Le destin est vraiment mal foutu, si l'on doit compter seulement sur le hasard pour être heureuse.

" Le TGV numéro 6750 en provenance de Cannes, et à destination de Nancy, Départ initialement prévu à 22h03 va entrer en gare voie E. Éloignez-vous de la bordure du quai s'il vous plait. "
Hallelujah.
Le lendemain, Anna et Moi faisons un saut dans le passé. Nous partons faire du vélo comme quand on avait 8 ans. Pas avec les même motivations, à l'époque, c'était de l'amusement, là, ce sont les deux kilos résistants à perdre : Vingt kilomètres ...
Ça ravigote. 

Je saute sous la douche en rentrant, il est déjà 19 heures. A 20 heures, les filles arrivent, il faut que je me dépêche.
Sophie nous ayant fait faux-bond à la dernière minute, nous arrivons un peu plus tard que prévu au restaurant. Évidemment, une entrée remarquée, sept nénettes arrivant d'un même pas, accompagnées du clac-clac des talons sur le parquet, ça ne laisse personne indifférent.
La soirée débute tranquillement, hormis un serveur un peu trop rentre-dedans, et quelques remises en place régulières avec la table d'en face où se déroule un enterrement de vie de garçon, merci du cadeau.
Puis la piste de danse s'ouvre à nous, jusqu'à trois heures du matin. Je ne suis pas ivre, mais à la limite, si je l'avais été ça n'aurait pas été bien différent : hystérique, la fille.
Je danse jusqu'à ne plus pouvoir tenir debout, des chorégraphies déjantées, improvisées selon la musique, de celles dont il vaut mieux ne pas se souvenir le lendemain.
Au final, nous atterrissons au milieu des tables, dansant le Madison. Je suis en train de finir mon "M" quand un bras familier vient m'enrouler la taille. Ce n'est pas possible. Aussi animé soit-il, ce restaurant est tout de même situé au fin fond d'un trou paumé, alors franchement pour me trouver là, il fallait le faire ! je suis trempée de transpiration de la tête aux pieds, j'ai ma tête de  fin de soirée, et je suis excitée comme une puce à force de faire la folle depuis trois heures. Alors, lequel des deux a-t-il bien pu me poursuivre jusqu'ici ?!
" Zouké Zouké !!! "
Une musique de Raga se met à hurler dans les enceintes. Le bras se contracte et me ramène d'un coup sec contre l'inconnu situé derrière moi. Et c'est parti pour un tour.
Je reconnais son odeur, sa peau ... On tourne, encore, et son souffle s'écrase dans ma nuque. Maxime rapproche sa bouche de mon oreille : « - Je t'emmène ... Je ne te parle pas de ce soir, ou de cette danse, tu le sais. Je suis sûr de moi, maintenant. Viens avec moi ... »


Démon de la vie, quand tu nous tiens ...



# Posté le dimanche 11 mai 2008 07:18

Modifié le mercredi 28 octobre 2009 06:08

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