Je remets mon cerveau en pause. Marre de tourner en rond et de ruminer tout ça dans ma tête. Et puis Noanne est malade (ça change ...) alors je me consacre à elle (la bonne excuse ...).
L'autre soir, Damien et moi avons eu une grosse discussion. Je lui ai dit que j'en avais assez de tout ça, cette routine, son attitude, ses promesses de faire des efforts et puis rien derrière ...
De nouveau, il m'a juré sur tout ce que le monde peut offrir de sacré qu'il allait se reprendre. Alors bon ...
Comment voulez-vous vous séparer de quelqu'un que vous n'êtes même pas certaine de vouloir quitter, quand il vous dit droit dans les yeux que vous êtes toute sa vie et qu'il fera tout ce que vous voudrez ... ?
D'un autre côté, j'ai mis les choses au point avec Maxime, il a quitté sa copine. Il m'attend, bien sagement.
J'ai l'impression d'être à un croisement : si je prends le chemin de gauche, que je connais déjà par c½ur, je sais d'avance quels sont les paysages que je vais traverser, il n'y aura rien d'excitant, rien de nouveau, mais au moins je saurai où je vais.
Tandis que si je prends le chemin de droite, peut être que la campagne sera plus riante au début, les petits oiseaux et tout, mais peut être aussi qu'il finira en cul de sac .
« - colorie pinpin maman ! »
Ma mini tornade est accrochée à mon pantalon, sur la pointe des pieds, et tire de toutes ses forces en me tendant une feuille de coloriage, étirant son bras jusqu'à la limite autorisée par la nature humaine.
Je regarde sa jolie frimousse, ses yeux dans lesquels on se noierait, et m'arrache à mes réflexions en saisissant son papier.
Dessus, un lapin, déjà gratifié de quelques coups de feutres.
« - Ooohh c'est joliiii ! » Dis-je très naturellement en la regardant.
Sourire immédiat, elle me tend un feutre.
« - A toi colorie maman ! » Je remarque que le feutre dont elle m'a fait cadeau est violet ; les précédents gribouillons habillant le pauvre lapin sont respectivement bleu, orange, vert, jaune, et enfin noir.
De toute beauté.
Je me mets, à colorier la tête en violet. J'aimerais revenir à cette époque où les seuls soucis que j'avais étaient de savoir de quelle couleur j'allais pouvoir barbouiller mon lapin.
Tout à coup, la voix de Nickel back dans le salon. Ce temps-ci, je me tiens tellement en retrait de la vie que je ne peux rien écouter d'autre que les chansons fétiches de mes 18 ans. Le pire c'est que ça me fait du bien. Je comprends que mini tornade est encore passée par là.
« - Noanne, rends moi la télécommande s'il te plait !
zizique maman ! Danse ! Danse ! » Elle commence à secouer ses fesses, en me regardant tout sourire.
Elle serait presque en rythme, dis donc.
Que serais-je sans elle ?
Mon portable vibre. C'est Anna, ma meilleure amie.
« - Allo !
salut ma poule, je n'ai plus beaucoup de forfait donc on se dépêche s'il te plait ! Tu as réservé pour vendredi ?!"
Pourquoi, sous prétexte qu'elle oublie tout, croit-elle que je doive lui ressembler sur ce point !?
" - Oui ne t'inquiète pas j'ai pensé à tout ...
génial ! N'oublie pas que j'arrive à 22 heures demain !!
Oui et je serai sur le quai, ne t'inquiète pas non plus pour ça.
tu ne m'oublies pas hein !
- Non Anna. Je ne t'oublie pas ...
- Super ! A demain ! »
« - A demain ... » Dis-je en sachant pertinemment qu'elle n'est plus en ligne.
Cette fille me tuera. J'ai passé toute ma vie avec elle, nos mères se sont rencontrées lorsque nous étions encore des têtards dans leurs ventres. Depuis, nous ne nous sommes plus quittées. Mais séparées oui, l'année où ma fille est née, elle est partie vivre à 500 kilomètres d'ici, pour rejoindre celui qu'elle aimait, et qu'elle aime toujours d'ailleurs.
Elle revient régulièrement, comme demain par exemple.
Et vendredi, c'est soirée entre filles, avec la totalité de mes acolytes de chocs :
Les Super-keupines ; Dont nous parlerons ultérieurement.
Il est vraiment très rare que nous soyons toutes réunis au même endroit, au même moment.
Ce qui promet forcément d'être mémorable ...
