Article 1

Article 1


CE BLOG EST UNE RETRANSCRIPTION D'UNE PARTIE DU LIVRE HAILY JANE QUI PARAITRA COURANT 2010.



Je m'appelle Haily-Jane. C'est original, je sais ; Mes parents ont une faiblesse pour les mots à consonance anglo-saxonne. Je dois dire que ma grand-mère paternelle est à moitié américaine, ça peut expliquer. Certains donnent à leur fille le nom de Johana à cause de la nana du film " le grand Bleu ", moi c'est sur celle qui à épousé Tarzan qu'ils ont flashé, accolant ainsi son prénom à celui qu'ils avaient choisit pour moi au départ ;
Je ne me plains pas, mon grand frère s'appelle bien Josh (Non, pas à cause de Josh Hartnett).
Bref, je m'appelle Haily-Jane, j'ai 22 ans, et une petite fille : Noanne, 2 ans et demi. Elle est le fruit d'une aventure d'un soir ... Non, je ne suis pas une fille facile, ni une inconsciente, j'étais simplement très déprimée à cause de mon ex, Nicolas; il venait de mettre un terme pour la énième fois à une histoire vieille de deux ans, et quand on a 19 ans, une relation de deux ans, ce n'est pas rien. Alors ce soir là je suis sortie, j'ai bu, j'ai dansé ... et puis ce mec était sympa, attentionné... Alors ivre comme j'étais, vous comprenez...
Au petit matin il est reparti, aussi vite qu'il était venu et je ne l'ai jamais revu.
Aujourd'hui ma fille a grandi, et un doute subsiste. Elle a les cheveux noirs comme l'ébène, et les yeux verts pâles. Ce fameux mec, lui, était blond surfeur. J'étais peut être ivre, mais ça m'a marqué.
Cependant, Nicolas, lui, est brun comme moi-même je suis brune aux yeux noisette. Je sais que ma fille ne peut tenir ça de moi.
Au fond de moi, je le sens, je sais qu'elle est la fille de Nico, et non pas du surfeur (qui n'en est pas un d'ailleurs).
J'ai essayé de lui en parler, mais il ne veut rien savoir, et c'est mieux ainsi, j'en serais malade de devoir lui laisser ma fille un weekend sur deux.
Je fais parti de la rédaction d'un magazine féminin plutôt connu, J'ai ma rubrique à chaque parution mensuelle; vivant à Lyon, j'envoie mon travail à ma patronne à Paris par mail tous les mois, ce qui me permet de gérer mon temps, organiser mon travail, et me laisse pas mal de temps libre.
Je partage ma vie avec Damien, un grand beau gosse châtain clair aux yeux verts plutôt bien bâti, depuis que je suis enceinte de trois mois. Oui, c'est un courageux, mais aussi un emmerdeur. Il n'est pas facile à vivre, et notre couple n'est parfois plus ce qu'il était. Nous arrivons bientôt au cap fatidique des trois ans. Passera, passera pas ...
On n'est jamais satisfaite de ce que l'on a de toute façon. Pourtant au début, nous nous sommes jurés sur ce que nous avions de plus cher au monde de ne jamais nous séparer. Entre nous, c'était pour la vie. C'était beau, C'était bien. Et puis il m'a aimé pour ce que j'étais, il m'a accepté enceinte d'un autre.
Il est très spécial, c'est pas simple par moment pourtant je lui donne tout ce que j'ai, mais peut-être que ce tout là ne suffit pas à le rendre heureux.
Bref il y a de l'amour entre nous, même si notre couple bat de l'aile. Il faut laisser du temps au temps, comme on dit.


Enfin, c'était sans compter sur la présence de Maxime ....



[ La suite dans l'article 2 ]




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# Posté le mardi 29 avril 2008 08:40

Modifié le lundi 09 novembre 2009 12:53

Article 2

Article 2


Maxime, c'est un ex. Oui, un autre, enfin si je peux dire car notre relation n'a jamais rien eu d'officiel.
Je l'ai connu peu de temps avant de sortir avec Damien, une sorte de transition. Ils sont très différents tous les deux, Maxime est plutôt maigre, très brun à la peau mat et aux yeux noirs. On se voyait de temps en temps, mais au moment d'officialiser les choses, il est parti en courant (encore un téméraire...).
Il s'est fait discret pendant une année entière, et au premier anniversaire de ma fille, il est revenu comme une fleur, avec une panoplie de beaux discours et des regrets à la pelle ».
Au début, je n'ai pas voulu reprendre contact, et puis il y a quelque mois, on a recommencé à se voir. Damien ne m'apportait plus la tendresse et l'attention dont j'avais besoin. Maxime lui, n'avait d'yeux que pour moi lors de nos soirées et nos sorties. Il équilibrait la balance en quelque sorte, m'évitant ainsi de m'embourber dans ce que ma relation officielle avait de routinier. D'un côté, et c'est drôle à dire, il a sauvé mon couple.
Nous nous sommes retrouvés comme ça au hasard des sorties pendant trois mois entiers. Il fréquentait quelqu'un de son côté, mais rien de bien sérieux, disait-il, au contraire de ce qu'il y avait entre Damien et moi. Il prétendait être fou de moi, disais que je lui manquais à chaque minute. Il m'a demandé de bien réfléchir, à lui, à nous, il voyait bien que je n'étais pas heureuse dans ma vie.
Alors j'ai réfléchi. J'ai pesé le pour et le contre. Mon couple n'allait vraiment plus, et avec lui, c'est vrai, j'étais épanouie.
Je l'ai appelé : « - Je suis prête à tout quitter pour toi, lui ai-je dit. Fais moi rêver, rattrape le temps perdu et ton erreur passée ... »
Sa voix était trop neutre pour être sincère. Bizarrement, j'avais l'impression d'avoir déjà entendu ces mots quelque part quand il me dit :
« - C'est inutile, je laisse tomber, je suis amoureux d'elle tu sais. »
Sur le cul, comme on dit.
Amoureux d'elle ? Je ne pouvais pas y croire. On ne tombe pas amoureux d'une femme en si peu de temps, surtout si on en aime une autre. Comment pouvait-il laisser passer sa chance une seconde fois ?
Ce refus auquel je ne m'attendais pas m'a fait beaucoup de peine, mais je me suis surtout senti conne. Je lui en ai voulu, j'aurais pu le tuer. Je me suis abstenu de commettre cet acte irréparable, mais en tout cas, j'ai coupé les ponts.
C'était il y a un mois.
Deux semaines plus tard, il rappelle :
« - J'ai besoin de te parler. » Larmoyant, le mec.
« - Je n'ai rien à te dire. » Les mots s'étranglaient dans ma gorge.
« - Il faut vraiment que nous parlions. »
« - Très bien, mais si c'est pour t'entendre me chanter le même air que d'habitude c'est inutile, j'ai bien compris la leçon. » 
Il m'a donné rendez-vous pour la semaine suivante, jour pour jour.


Et le jour en question, c'est aujourd'hui.

[ La suite dans l'article 3 , et ainsi de suite ... ]




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# Posté le mardi 29 avril 2008 13:48

Modifié le mercredi 28 octobre 2009 06:10

Article 3

Article 3


Je crois que je suis en train de vivre la plus longue journée de ma vie. Attendre... attendre ... attendre encore, et ne rien voir venir.
Pourtant, hier soir, je lui ai envoyé un message pour savoir à quelle heure je devais le rejoindre aujourd'hui.
Pas de réponse ... Alors tout à l'heure, malgré le code que nous nous instaurons, nous les filles, à savoir :
" Ne jamais relancer un mec si nous sommes la dernière à avoir appelé ou laissé un message. " je lui ai envoyé un nouveau texto en lui disant que s'il faisait le mort pour éviter qu'on se voie, qu'il me dise franchement que le rendez-vous est annulé au lieu de me laisser poireauter comme une gourde. Mais toujours rien.
Je me glisse dans un bain chaud histoire de décompresser et de lacher un peu la bride au temps qui passe.
C'est plus fort que moi, je continue de guetter mon portable toutes les trois secondes (et au contraire de ce que l'on croit toujours, ce n'est pas parce que vous fixer votre téléphone avec un regard accusateur que celui-ci se décidera à sonner plus vite).
L'aiguille de la pendule se déplace pour afficher 19 heures tapantes. Il ne rappellera plus. Trop déçue pour accuser le coup, j'appelle Julie, ma cousine, qui a un rôle multifonction dans ma vie. Amie - confidente - cousine - contradictrice - soutient - ou encore pilier de ma bonne humeur. En somme un couteau suisse du c½ur.
Elle est parfois le seul atout qui me reste quand j'ai tout perdu.
Évidement, elle répond présent. Je dépose Noanne chez mon frère, juste pour la soirée, et nous partons toutes les deux, nulle part, et partout à la fois. À 23h30 je suis sur le palier de mon appartement, ma fille endormie sur les bras.
En cherchant mes clefs dans mon sac, je vois que le voyant de mon portable clignote; Cela signifie que j'ai reçu un message.
Je l'ouvre :
Vous avez un nouveau message, appelez la messagerie ou tapez #.
Et bien allons-y.
« - Reçu aujourd'hui à 22h58 Biiiip : Haily c'est moi, Je suis désolé pour ce soir ... pour tout. Je n'ai pas eu le courage de te répondre, J'ai préféré repousser l'échéance, ne pas affronter la vérité tout de suite. Mais au final, je suis un con, tu sais ... je comprends que tu n'aies pas envie de me répondre, ou que tu m'en veuilles, peut être que tu as déjà effacé mon numéro de ton répertoire, mais je te le dis maintenant sinon je ne te le dirai jamais. J'ai beau vouloir te chasser de ma vie, je n'avance pas avec elle, il n'y a que toi, dans ma tête, dans mon c½ur, je rêve de toi chaque nuit, j'ai beau vouloir fuir je ne peux pas nier l'évidence de mon amour pour toi. Il y a une chambre libre chez moi, Noanne y serait bien, et puis il y a largement assez de place pour toi et tout le bazar que tu voudras apporter. J'y ai bien  réfléchi. Bonne nuit »



Et je fais quoi, moi, maintenant ?



# Posté le samedi 03 mai 2008 10:54

Modifié le vendredi 02 octobre 2009 18:48

Article 4

Article 4



Je remets mon cerveau en pause. Marre de tourner en rond et de ruminer tout ça dans ma tête. Et puis Noanne est malade (ça change ...) alors je me consacre à elle (la bonne excuse ...).
L'autre soir, Damien et moi avons eu une grosse discussion. Je lui ai dit que j'en avais assez de tout ça, cette routine, son attitude, ses promesses de faire des efforts et puis rien derrière ...
De nouveau, il m'a juré sur tout ce que le monde peut offrir de sacré qu'il allait se reprendre. Alors bon ...
Comment voulez-vous vous séparer de quelqu'un que vous n'êtes même pas certaine de vouloir quitter, quand il vous dit droit dans les yeux que vous êtes toute sa vie et qu'il fera tout ce que vous voudrez ... ?
D'un autre côté, j'ai mis les choses au point avec Maxime, il a quitté sa copine. Il m'attend, bien sagement.
J'ai l'impression d'être à un croisement : si je prends le chemin de gauche, que je connais déjà par c½ur, je sais d'avance quels sont les paysages que je vais traverser, il n'y aura rien d'excitant, rien de nouveau, mais au moins je saurai où je vais.
Tandis que si je prends le chemin de droite, peut être que la campagne sera plus riante au début, les petits oiseaux et tout, mais peut être aussi qu'il finira en cul de sac .
« - colorie pinpin maman ! »
Ma mini tornade est accrochée à mon pantalon, sur la pointe des pieds, et tire de toutes ses forces en me tendant une feuille de coloriage, étirant son bras jusqu'à la limite autorisée par la nature humaine.
Je regarde sa jolie frimousse, ses yeux dans lesquels on se noierait, et m'arrache à mes réflexions en saisissant son papier.
Dessus, un lapin, déjà gratifié de quelques coups de feutres.
« - Ooohh c'est joliiii ! » Dis-je très naturellement en la regardant.
Sourire immédiat, elle me tend un feutre.
« - A toi colorie maman ! » Je remarque que le feutre dont elle m'a fait cadeau est violet ; les précédents gribouillons habillant le pauvre lapin sont respectivement bleu, orange, vert, jaune, et enfin noir.
De toute beauté.
Je me mets, à colorier la tête en violet. J'aimerais revenir à cette époque où les seuls soucis que j'avais étaient de savoir de quelle couleur j'allais pouvoir barbouiller mon lapin.
Tout à coup, la voix de Nickel back dans le salon. Ce temps-ci, je me tiens tellement en retrait de la vie que je ne peux rien écouter d'autre que les chansons fétiches de mes 18 ans. Le pire c'est que ça me fait du bien. Je comprends que mini tornade est encore passée par là.
« - Noanne, rends moi la télécommande s'il te plait !
zizique maman ! Danse ! Danse ! » Elle commence à secouer ses fesses, en me regardant tout sourire.
Elle serait presque en rythme, dis donc.
Que serais-je sans elle ?
Mon portable vibre. C'est Anna, ma meilleure amie.
« - Allo !
salut ma poule, je n'ai plus beaucoup de forfait donc on se dépêche s'il te plait ! Tu as réservé pour vendredi ?!"
Pourquoi, sous prétexte qu'elle oublie tout, croit-elle que je doive lui ressembler sur ce point !?
" - Oui ne t'inquiète pas j'ai pensé à tout ...
génial ! N'oublie pas que j'arrive à 22 heures demain !!
Oui et je serai sur le quai, ne t'inquiète pas non plus pour ça.
tu ne m'oublies pas hein !
- Non Anna. Je ne t'oublie pas ...
- Super ! A demain ! »
« - A demain ... » Dis-je en sachant pertinemment qu'elle n'est plus en ligne.
Cette fille me tuera. J'ai passé toute ma vie avec elle, nos mères se sont rencontrées lorsque nous étions encore des têtards dans leurs ventres. Depuis, nous ne nous sommes plus quittées. Mais séparées oui, l'année où ma fille est née, elle est partie vivre à 500 kilomètres d'ici, pour rejoindre celui qu'elle aimait, et qu'elle aime toujours d'ailleurs.
Elle revient régulièrement, comme demain par exemple.
Et vendredi, c'est soirée entre filles, avec la totalité de mes acolytes de chocs :
Les Super-keupines ; Dont nous parlerons ultérieurement.
Il est vraiment très rare que nous soyons toutes réunis au même endroit, au même moment.



Ce qui promet forcément  d'être mémorable ...








# Posté le mardi 06 mai 2008 16:46

Modifié le mercredi 28 octobre 2009 06:09

Article 5

Article 5


Le train d'Anna va bientôt entrer en gare ... Mais avec trois quarts d'heure de retard.
Alors, je médite.
J'ai encore quinze minutes devant moi. Un TGV ralentit sur la voie d'en face, puis s'arrête. Quelques personnes se hâtent de descendre pendant l'arrêt. J'ignore où il va, ce train. Je vois des visages, derrière les vitres, des inconnus que je ne reverrai probablement jamais. La vie est bizarre. Les gens sont si nombreux et il existe tant d'endroits où faire sa vie, par quel miracle l'homme de notre vie serait-il ici plutôt qu'ailleurs? Pourquoi notre moitié ne serait-elle pas à Lille alors que l'on vit à Lyon ? Et comment la rencontrer, si c'est le cas ? ... Le destin est vraiment mal foutu, si l'on doit compter seulement sur le hasard pour être heureuse.

" Le TGV numéro 6750 en provenance de Cannes, et à destination de Nancy, Départ initialement prévu à 22h03 va entrer en gare voie E. Éloignez-vous de la bordure du quai s'il vous plait. "
Hallelujah.
Le lendemain, Anna et Moi faisons un saut dans le passé. Nous partons faire du vélo comme quand on avait 8 ans. Pas avec les même motivations, à l'époque, c'était de l'amusement, là, ce sont les deux kilos résistants à perdre : Vingt kilomètres ...
Ça ravigote. 

Je saute sous la douche en rentrant, il est déjà 19 heures. A 20 heures, les filles arrivent, il faut que je me dépêche.
Sophie nous ayant fait faux-bond à la dernière minute, nous arrivons un peu plus tard que prévu au restaurant. Évidemment, une entrée remarquée, sept nénettes arrivant d'un même pas, accompagnées du clac-clac des talons sur le parquet, ça ne laisse personne indifférent.
La soirée débute tranquillement, hormis un serveur un peu trop rentre-dedans, et quelques remises en place régulières avec la table d'en face où se déroule un enterrement de vie de garçon, merci du cadeau.
Puis la piste de danse s'ouvre à nous, jusqu'à trois heures du matin. Je ne suis pas ivre, mais à la limite, si je l'avais été ça n'aurait pas été bien différent : hystérique, la fille.
Je danse jusqu'à ne plus pouvoir tenir debout, des chorégraphies déjantées, improvisées selon la musique, de celles dont il vaut mieux ne pas se souvenir le lendemain.
Au final, nous atterrissons au milieu des tables, dansant le Madison. Je suis en train de finir mon "M" quand un bras familier vient m'enrouler la taille. Ce n'est pas possible. Aussi animé soit-il, ce restaurant est tout de même situé au fin fond d'un trou paumé, alors franchement pour me trouver là, il fallait le faire ! je suis trempée de transpiration de la tête aux pieds, j'ai ma tête de  fin de soirée, et je suis excitée comme une puce à force de faire la folle depuis trois heures. Alors, lequel des deux a-t-il bien pu me poursuivre jusqu'ici ?!
" Zouké Zouké !!! "
Une musique de Raga se met à hurler dans les enceintes. Le bras se contracte et me ramène d'un coup sec contre l'inconnu situé derrière moi. Et c'est parti pour un tour.
Je reconnais son odeur, sa peau ... On tourne, encore, et son souffle s'écrase dans ma nuque. Maxime rapproche sa bouche de mon oreille : « - Je t'emmène ... Je ne te parle pas de ce soir, ou de cette danse, tu le sais. Je suis sûr de moi, maintenant. Viens avec moi ... »


Démon de la vie, quand tu nous tiens ...



# Posté le dimanche 11 mai 2008 07:18

Modifié le mercredi 28 octobre 2009 06:08